Delphine Wespiser et le cancer : retour sur la polémique

Delphine Wespiser, ancienne Miss France 2012, vient de déclencher une violente polémique après avoir affirmé sur W9 que le jeûne de 3 jours pourrait détruire les cellules cancéreuses.

Lors de l’émission TBT9, la chroniqueuse a recommandé cette pratique en évoquant l’autophagie, provoquant immédiatement la colère du Dr Gérald Kierzek et de nombreux oncologues qui dénoncent des propos « faux et dangereux »1. Son compagnon Roger Erhart combat un cancer papillomavirus de la gorge, contexte émotionnel qui explique sans justifier cette désinformation médicale. Les médecins alertent sur les risques de dénutrition chez les patients en chimiothérapie et rappellent qu’aucune étude scientifique ne valide ces affirmations.

Cette affaire soulève une question bien plus large : comment les personnalités publiques peuvent-elles diffuser des informations médicales erronées susceptibles de mettre en danger des vies ?

La polémique Delphine Wespiser : ce qui s’est vraiment passé

Les déclarations de l’ancienne Miss France ont provoqué un tollé dans la communauté médicale et sur les réseaux sociaux, transformant une émission de divertissement en débat de santé publique.

Les déclarations sur le jeûne et le cancer dans l’émission TBT9

Sur le plateau de l’émission « Tout beau tout n9uf » sur W9, Delphine Wespiser a affirmé qu’un jeûne de 3 jours permettrait de déclencher l’autophagie, un processus cellulaire qui « nettoierait » l’organisme en éliminant les cellules malsaines, y compris les cellules cancéreuses2. La chroniqueuse Valérie Bénaïm a tenté de tempérer ces propos en rappelant l’importance de consulter un médecin, mais Delphine a maintenu ses affirmations avec conviction, visiblement convaincue de partager une information utile aux téléspectateurs 😟.

La réaction immédiate du Dr Kierzek et de la communauté médicale

La réponse du corps médical ne s’est pas fait attendre. Le Dr Gérald Kierzek a fermement démenti ces affirmations en déclarant : « C’est faux et c’est dangereux »3. Les professionnels de santé ont pointé plusieurs problèmes majeurs :

  • absence de preuves scientifiques : aucune étude clinique ne démontre qu’un jeûne court guérit ou prévient le cancer
  • risque de dénutrition : les patients cancéreux ont besoin d’une nutrition adéquate, notamment pendant la chimiothérapie
  • affaiblissement du patient : le jeûne peut aggraver la fatigue et compromettre l’efficacité des traitements
  • désinformation dangereuse : ces messages peuvent détourner les malades des traitements validés scientifiquement

Vidéos

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Pourquoi ces propos sont jugés dangereux par les médecins

Au-delà de la simple erreur d’information, les déclarations de Delphine Wespiser illustrent les dégâts potentiels de la désinformation médicale amplifiée par la notoriété.

Les risques concrets de la désinformation médicale pour les patients

Lorsqu’une personnalité publique recommande une pratique non validée scientifiquement, les conséquences peuvent être dramatiques. Les patients atteints de cancer sont particulièrement vulnérables, cherchant désespérément des solutions pour améliorer leur pronostic. Le Dr Ivan Pourmir souligne que la dénutrition représente un facteur aggravant chez les patients cancéreux, pouvant compromettre leur espérance de vie après un cancer4. Certains malades pourraient être tentés de remplacer ou retarder leurs traitements conventionnels au profit de ces méthodes alternatives, avec des conséquences potentiellement fatales.

Ce que dit réellement la science sur le jeûne et l’autophagie

Ce que dit réellement la science sur le jeûne et l'autophagie

L’autophagie est un processus cellulaire réel, découvert par le chercheur japonais Yoshinori Ohsumi qui a reçu le prix Nobel de médecine en 2016 pour ses travaux. Ce mécanisme permet effectivement aux cellules de recycler leurs composants endommagés. Le jeûne peut stimuler ce processus dans certaines conditions expérimentales, c’est exact. Mais voilà où le discours simplifié devient trompeur : les études sur l’autophagie et le cancer ont été menées principalement sur des modèles animaux ou en laboratoire, pas sur des patients humains atteints de cancer. Les résultats montrent que l’autophagie joue un rôle complexe et parfois contradictoire dans le développement tumoral. Certaines recherches suggèrent qu’elle peut protéger les cellules cancéreuses du stress métabolique, d’autres qu’elle pourrait les fragiliser. Le consensus médical actuel est clair : aucune donnée clinique robuste ne permet de recommander le jeûne comme traitement ou prévention du cancer. Les oncologues insistent sur le fait que les patients cancéreux nécessitent au contraire une alimentation équilibrée et suffisante pour supporter les traitements lourds comme la chimiothérapie. Les quelques études exploratoires sur le jeûne intermittent en oncologie restent limitées méthodologiquement et ne concernent que des protocoles très encadrés médicalement, jamais des jeûnes de trois jours pratiqués en autonomie.

Roger Erhart et son combat contre le cancer papillomavirus

Derrière cette polémique se cache une histoire personnelle douloureuse qui éclaire, sans la justifier, la démarche de Delphine Wespiser.

Qu’est-ce que le cancer papillomavirus de la gorge ?

Roger Erhart, le compagnon de Delphine Wespiser, souffre d’un cancer lié au papillomavirus, qu’elle qualifie de « cancer trop bête » car potentiellement évitable par la vaccination5. Ce type de cancer ORL se développe dans la gorge, les amygdales ou la base de la langue suite à une infection persistante par certaines souches de papillomavirus humain (HPV). Les symptômes incluent des difficultés à avaler, une douleur persistante dans la gorge, des ganglions cervicaux gonflés ou une modification de la voix. Les traitements validés combinent en général chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie selon le stade de la maladie. Le pronostic dépend de nombreux facteurs, mais ces cancers liés au HPV répondent souvent mieux aux traitements que d’autres cancers ORL, avec des taux de survie encourageants lorsqu’ils sont pris en charge précocement.

L’histoire du couple : séparation, retrouvailles et épreuve de la maladie

Delphine Wespiser et son compagnon Roger ont connu une séparation en 2022 avant de se retrouver justement au moment du diagnostic de cancer. Cette épreuve a rapproché le couple qui affronte désormais ensemble la maladie avec détermination. Delphine a été présente aux côtés de Roger pendant son hospitalisation, restant 12 heures par jour à ses côtés durant la période critique6. Roger est aujourd’hui en convalescence et se porte mieux, leur parcours illustrant la résilience d’un couple face à l’adversité médicale.

La réponse de Delphine Wespiser aux critiques

Face au déferlement de critiques, l’ancienne Miss France n’a pas présenté d’excuses et a maintenu sa position, alimentant davantage la controverse.

« Jeûner trois jours, ça ne va tuer personne » : analyse de sa défense

Voici le problème avec cette réponse…

Delphine Wespiser a répondu aux critiques en minimisant la portée de ses propos, affirmant que jeûner trois jours ne présentait pas de danger mortel. Cette défense révèle une incompréhension fondamentale des enjeux : le danger ne réside pas tant dans l’acte de jeûner trois jours en soi pour une personne en bonne santé, mais dans le message envoyé à des patients fragilisés qui pourraient y voir une alternative ou un complément aux traitements conventionnels. En maintenant ses affirmations sans nuance ni excuse, elle a renforcé l’impression d’une forme d’obstination face aux arguments scientifiques7.

Et maintenant, regardons ce qui a vraiment motivé ces déclarations…

Le contexte émotionnel : comprendre sans excuser

L’expérience personnelle de Delphine avec la maladie de Roger explique probablement sa recherche de solutions alternatives et son besoin de partager ce qu’elle perçoit comme une découverte bénéfique. Accompagner un proche atteint de cancer génère une détresse psychologique immense et un sentiment d’impuissance qui pousse parfois à explorer toutes les pistes, y compris les moins validées scientifiquement. Cette dimension humaine mérite de la compassion. Mais la notoriété publique implique une responsabilité : partager des informations médicales devant des milliers de téléspectateurs sans validation scientifique franchit une ligne éthique, quelle que soit la sincérité des intentions. Comprendre le contexte émotionnel n’équivaut pas à excuser la diffusion d’informations potentiellement dangereuses.

Célébrités et santé : quand la notoriété amplifie la désinformation

L’affaire Delphine Wespiser s’inscrit dans une longue histoire de personnalités publiques promouvant des approches médicales non conventionnelles, parfois avec des conséquences tragiques.

De Steve Jobs à aujourd’hui : l’impact des « remèdes miracles »

L’histoire regorge d’exemples où la célébrité a servi de caisse de résonance à des pratiques médicales douteuses. Voici quelques cas emblématiques :

PersonnalitéTraitement alternatif promuConséquencesAnnée
Steve JobsRégime végétalien strict, acupuncture, phytothérapie au lieu de chirurgie immédiateDécès après retard de traitement d’un cancer du pancréas opérable2003-2011
Gwyneth PaltrowJade eggs vaginaux, régimes détox extrêmes via GoopPoursuites judiciaires pour publicité mensongère2017-2018
Belle GibsonGuérison du cancer par l’alimentation (mensonge total)Condamnation pour fraude, patients trompés2015
Jess AinscoughThérapie Gerson pour cancer rare au lieu de chirurgieDécès à 30 ans après échec du traitement alternatif2015

Ces exemples montrent que l’influence des célébrités peut détourner des patients de traitements efficaces, avec des issues parfois fatales.

Le rôle et la responsabilité des médias dans la diffusion de ces messages

L’émission TBT9 sur W9 porte une part de responsabilité dans cette affaire en n’ayant pas immédiatement contredit ou contextualisé les propos de Delphine Wespiser. Les chaînes de télévision et plateformes médiatiques ont le devoir déontologique de vérifier les informations de santé diffusées, particulièrement lorsqu’elles concernent des pathologies graves comme le cancer. Certaines émissions intègrent désormais des dispositifs de fact-checking en direct ou font intervenir systématiquement un expert médical lorsque des questions de santé sont abordées. Dans le cas présent, seule Valérie Bénaïm a tenté une timide mise en garde, insuffisante face à l’assurance avec laquelle les propos ont été tenus8. Les médias doivent assumer leur rôle de filtre et de validation, surtout lorsqu’ils offrent une tribune à des personnalités non expertes sur des sujets médicaux sensibles.

Accompagner un proche atteint de cancer : les ressources fiables

Face à l’épreuve du cancer, les patients et leurs proches ont besoin d’informations VÉRIFIÉES et d’un accompagnement adapté, pas de promesses miraculeuses.

Ce qui aide vraiment les patients et leur entourage

Les professionnels de santé recommandent des approches validées pour soutenir les patients cancéreux :

  • soins de support : prise en charge de la douleur, soutien nutritionnel adapté (et non jeûne), activité physique adaptée, kinésithérapie
  • accompagnement psychologique : consultations avec des psycho-oncologues, groupes de parole pour patients et proches, thérapies cognitivo-comportementales pour gérer l’anxiété
  • associations reconnues : la Ligue contre le cancer propose un accompagnement personnalisé, l’association Rose Up pour les femmes, Jeune et Rose pour les jeunes adultes
  • soins complémentaires validés : sophrologie, méditation de pleine conscience, art-thérapie dans le cadre d’un parcours de soins conventionnel

Ces approches complètent les traitements médicaux sans jamais les remplacer, contrairement aux promesses de guérison par des méthodes alternatives non validées.

Où trouver des informations médicales vérifiées

Lorsqu’on cherche des informations sur le cancer, il est fondamental de s’adresser à des sources scientifiquement validées. L’Institut National du Cancer (INCa) constitue la référence française avec son site e-cancer.fr qui propose des fiches pratiques par type de cancer, des explications sur les traitements et des ressources pour les proches. La Ligue contre le cancer met à disposition une ligne d’écoute gratuite au 0 800 940 939, accessible du lundi au vendredi de 9h à 19h, où des professionnels répondent aux questions des patients et de leur entourage. Cancer Info Service (0 805 123 124) offre également un service d’information confidentiel avec des spécialistes formés. Ces organismes fournissent des informations actualisées selon les dernières données scientifiques, contrairement aux forums non modérés ou aux témoignages individuels qui circulent sur les réseaux sociaux et qui peuvent véhiculer des informations erronées voire dangereuses.

Sources

  • https://www.francebleu.fr/grand-est/alsace-cea/non-le-jeune-ne-guerit-pas-le-cancer-defend-le-docteur-kierzek-apres-les-propos-de-l-ancienne-miss-delphine-wespiser-3478847 [1] [3]
  • https://www.20minutes.fr/arts-stars/television/4203143-20260224-jeuner-detruire-cellules-cancereuses-propos-delphine-wespiser-choquent-telespectateurs-w9 [2] [7] [8]
  • https://www.doctissimo.fr/nutrition/alimentation-et-sante/bien-manger-pour-etre-en-bonne-sante/cancer-et-alimentation-quels-risques/non-le-jeune-ne-protege-pas-du-cancer-comme-le-suggere-delphine-wespiser-sur-tbt9-738688.htm [4]
  • https://www.closermag.fr/people/un-cancer-qui-peut-sattraper-comme-un-virus-delphine-wespiser-leve-le-voile-sur-la-maladie-de-roger-son-compagnon-3618704 [5] [6]

Foire aux questions

Sur l’émission TBT9 de W9, Delphine Wespiser a affirmé qu’un jeûne de 3 jours permettrait de déclencher l’autophagie, un processus qui détruirait les cellules cancéreuses. Ces propos ont immédiatement été contestés par le Dr Gérald Kierzek et de nombreux oncologues qui les qualifient de faux et dangereux.

Non, aucune étude scientifique ne démontre qu’un jeûne court guérit ou prévient le cancer chez l’humain. Bien que l’autophagie soit un processus réel, son rôle dans le cancer est complexe et contradictoire. Les médecins recommandent au contraire une alimentation équilibrée durant les traitements comme la chimiothérapie.

Roger Erhart souffre d’un cancer de la gorge lié au papillomavirus (HPV). Ce type de cancer ORL se développe suite à une infection persistante par certaines souches de papillomavirus. Delphine Wespiser le qualifie de « cancer trop bête » car il est potentiellement évitable par la vaccination contre le HPV.

Les patients cancéreux qui jeûneraient risquent une dénutrition aggravant leur état, un affaiblissement compromettant l’efficacité des traitements, et pourraient être tentés de retarder ou remplacer les thérapies conventionnelles validées. Le Dr Ivan Pourmir souligne que la dénutrition représente un facteur aggravant majeur chez les patients atteints de cancer.

L’Institut National du Cancer (INCa) via e-cancer.fr constitue la référence française avec des fiches validées scientifiquement. La Ligue contre le cancer propose une ligne d’écoute gratuite (0 800 940 939) et Cancer Info Service (0 805 123 124) offre un accompagnement par des professionnels formés, contrairement aux témoignages non vérifiés circulant sur les réseaux sociaux.

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